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Le 05 mars dernier, le campus YNOV de Croix nous a invité par l’intermédiaire de Mme Lamia BELFATMI à partager notre expérience de l’application du BIM sur des projets de rénovation à l’occasion d’une table ronde.

Ce fut avec plaisir qu’ATOMBIM a confirmé sa participation et que j’ai donc pu échanger avec des acteurs de premier plan dans le domaine de la construction : Le cabinet d’Architectes REDCAT, le bureau d’étude TPFI et également BOUYGUES CONSTRUCTION.

Pour ma part, j’ai étayé mon intervention sur plusieurs retours d’expériences concrets et notamment :

  • Le projet FOCH à LILLE (nouveau siège du crédit Agricole),
  • La rénovation de la CPAM d’Evreux (Bâtiment historique),
  • Et également avec l’expérience accumulée au cours de mes 15 années d’application du BIM et 33 années de maitrise d’oeuvre.

Les échanges ont été particulièrement riches, nourris par la confrontation des points de vue et par des exemples issus de situations réelles de projet. Très rapidement, certaines convergences sont apparues entre les différents intervenants :

Le relevé de l’existant : une étape fondatrice

Dans les projets de rénovation, le relevé de l’existant constitue une étape fondamentale du processus BIM. Il ne s’agit pas simplement de produire un modèle, mais avant tout de définir clairement le cadre de la mission. Cela implique notamment :

  • de définir la méthode de relevé (scan 3D, relevé traditionnel, combinaison des méthodes),
  • de préciser les livrables BIM attendus,
  • de déterminer le niveau de détail et d’information nécessaire,
  • et d’organiser la temporalité des opérations de relevé et de modélisation.

Un point essentiel ressort de l’expérience : ces éléments doivent être définis avant l’intervention du prestataire chargé du relevé.

Lorsque ce cadrage n’est pas réalisé en amont, les incompréhensions sur les attentes, les niveaux de précision ou les usages du modèle peuvent rapidement apparaître.

Adapter le BIM à la réalité du projet

Un second point a fait consensus lors des échanges : la nécessité d’adapter le BIM à la réalité du projet. Bien entendu, les objectifs BIM du maître d’ouvrage constituent le point de départ du processus. Ils en sont en quelque sorte l’Alpha. Mais ils ne peuvent pas en être l’Omega. Un BIM trop rigide, défini de manière monolithique et appliqué sans tenir compte :

  • des contraintes de conception,
  • des réalités de la construction,
  • et des pratiques des différents acteurs,

risque de devenir une contrainte plutôt qu’un outil.

Dans ces conditions, le BIM peut être perçu comme un processus de contrôle qui s’impose aux équipes de conception et aux entreprises, au lieu d’être un levier d’amélioration du projet.

Concernant ce second point, les actions du BIM Manager sont prépondérantes. Son accompagnement dans le déploiement du BIM peut tout changer. De notre point de vue accompagner signifie : être à l’écoute et comprendre, faire comprendre, assister, adapter, apporter des solutions. Cela à l’intention de la maitrise d’oeuvre, des entreprises mais également de la Maitrise d’ouvrage.

Et en ce qui concerne la synthèse technique ?

La synthèse technique ne peut pas se limiter à une détection de conflits entre maquettes numériques. Elle doit intégrer une analyse technique pluridisciplinaire et dans l’idéal être en connexion avec la réalité du terrain. Certaines propositions de résolution de conflits peuvent tenir la route d’un point de vue spatial tout en étant irréalisables une fois mises à l’épreuve de la réalité de l’exécution. En réhabilitation, l’imprécision des données demandera de prévoir des marges suffisantes, voir des contraintes à définir à titre conservatoire afin d’éviter les scénarii trop optimistes que s’avèreront au final irréalistes. La configuration idéale étant un relevé de l’existant après curage du bâtiment, au démarrage de la phase des travaux et avant le début de la synthèse technique d’exécution.